•  Mais qu'est-ce qui détermine ce qui est objectif et ce qui ne l'est pas ? Ce qui est une faute et ce qui est juste ?

     J'ai souvent cette pensée qu'il y aura toujours une objectivité au-delà de celle que je pense avoir atteinte, l'objectivité existe puisqu'il y a toujours moyen d'être plus objectif. L’objectivité absolue est intouchable comme une ligne d'horizon. On se trouve entre objectivité et subjectivité, ces deux natures de raisonnement sont en relativité et vont à l'infini, chacune de son « côté », plus proche de l'une ou plus proche de l'autre je tenterais de me tenir en équilibre. Les deux existent forcément, puisque l'une ne peut exister sans l'autre, comme le commencement et la fin. Considérons la question de « l’objectivité comme un but recherché », je sais, nous savons par expérience, que notre discernement est troublé par nos états d’âme. Nous sommes toujours en prise avec une émotion, un sentiment réactif, même si nous nous concentrons sur un exercice de mathématiques, il n’y a pas ou si peu d’occasion qui nous offrent l’opportunité de réaliser un « raisonnement pur », celui-ci est la vertu des machines et non des êtres vivants. Par conséquent, que nous reste-t-il d’autre que l’éthique, ou l’effort porté dans le sens d’une objectivité tentée ? Comme on tenterait un saut au-dessus du vide, un saut magistral. L’objectivité, un but que nous ne pouvons jamais qu’effleurer, et pourtant, un défi que nous devons toujours nous lancer à nous-mêmes.

     


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  • L'autre jour quelqu'un se déclarait krishnamurtien, alors que tel ou tel autre appartenait à un groupe différent. Ce disant, l'homme n'avait aucunement conscience de ce qu'impliquait cette identification. Il n'était d'ailleurs nullement sot : instruit, au contraire, cultivé et tout ce qui s'ensuit, et ne compliquait la question ni de sentiment ni d'émotion. Il était clair, précis.

    Pourquoi cet homme était-il devenu krishnamurtien ? Il en avait suivi d'autres, après avoir appartenu lui-même à diverses organisations, à divers groupes tous plus ou moins fastidieux, et se trouvait en fin de compte identifié à cette personne particulière. De ce qu'il raconta il ressortait que le voyage était terminé. L'homme avait pris position, c'en était fait ; il avait choisi, rien ne pouvait l'ébranler. Il allait désormais s'installer confortablement et se conformer avidement à tout ce qui avait été dit et serait dit par la suite.


    Lorsque nous nous identifions à un autre, y a-t-il là indication d'amour ? L'identification implique-t-elle l'expérimentation ? L'identification ne met-elle pas fin, au contraire, à l'amour et à l'expérimentation ? L'identification est, sans aucun doute, possession, assertion de propriété, et la propriété est, n'est-il pas vrai, la négation de l'amour. Posséder c'est être en sécurité ; la possession est une défense qui vous rend vulnérable.

    Dans l'identification il y a résistance, flagrante ou subtile ; l'amour est-il une forme de résistance auto-protectrice ? Y a-t-il amour lorsqu'il y a défense de soi ?
    L'amour est vulnérable, souple, réceptif.

     

    J. Krishnamurti
    Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 2
    L'identification

     


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  • Personne n'est jamais mort d'amour, on peut mourir peut-être par amour pour l'autre ou les autres (notion du sacrifice), ou de tristesse après la perte d'un cher, ou encore de déception, ce qui n'est sûrement plus en rapport avec l'amour, mais si l'on définit l'amour comme cette tendance affective qui nous incline à donner de nous-mêmes sans rien attendre en retour, il devient à nouveau fort probable qu'on ne puisse mourir par amour, à moins encore que l'on applique le mot et tout ce qui s'y rattache à à peu-près tout ce qui s'agite dans les neurones qui remue notre abdomen, ou ce qui se situe plus bas encore.

     


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  • Parler du nouveau testament comme si c'était une œuvre à partir d'une seule parole me semble devoir être remis en question, il y a de nombreuses oppositions dans le nouveau testament aussi. La parole du christ dénote ou détonne dans le cadre même du NT et évidemment elle dénote davantage encore avec l'AT. Comme dit Nietzsche dans l'antéchrist : "il n'y a jamais eu qu'un seul chrétien...". Voila pourquoi le message christique s'oppose à tant d'autres sources, il est imbuvable, et ceux qui agitent la bannière ne sont pas forcément ceux qui l'ont bu ou mangé.

    Boire et manger comme le vin et le pain.

     


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  • Lorsque la conscience arrive, lorsque une idée nous saute aux yeux, la réaction la plus rapide, la plus simplette (pour les hommes que nous sommes) aussi, est bien de penser que nous sommes l'auteur, l'architecte, l'autorité, l'inventeur (liste extrêmement longue j'en ai peur). "Cela" se pense en nous et sans nous, ce qui est très drôle et qui même ressemblerait à une farce si je ne "croyais" pas la biologie sérieuse, c'est que notre vanité, qui n'a d'égale peut-être que la distance entre les étoiles, nourrit tout de suite de la fierté lorsqu'elle se rend compte qu'à ses côtés une forme de pensée intelligente a surgi. 

    Ainsi, le moustique femelle ne croit-il pas qu'il a inventé le sang ?

     


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