• Quels autres pièges la personne qui entrerait dans ce travail sur les émotions va-t-elle rencontrer ?

     

    Donc, la peur de l'ennui en est le premier, le second est la peur de la vérité.

     

    Tu as dit que la vérité est ennui et que le mensonge est plaisir, la vérité fait-elle peur pour d'autres raisons ?

     

    Je n'aurais pas dû le dire comme ça, ça va trop vite, les raisons d'avoir peur de la vérité sont plus complexes, plus "riches". C'est un ennui mais c'est un autre sens du terme, le sens premier peut-être en fait, produire des ennuis à quelqu'un ou à soi, c'est nuire, porter nuisance. La vérité et sa quête sont ressenties comme une nuisance. Si notre esprit travaillait à la recherche de la vérité, cela porterait nuisance à nos masques et aux masques que nous faisons porter aux autres et à toutes les choses généralement. Nous adorons les masques, depuis la naissance de notre espèce, nous préférons les chimères, les légendes, les histoires folles et les contresens à la vérité.

     

    Que la vérité soit une nuisance pour le menteur, c'est logique.

     

    Oui mais l'esprit est menteur par déformation.

     

    La déformation, est-ce un premier mensonge qui en entraîne d'autres ?

     

    Essayons de traiter la question du point de vue des émotions et des hormones. Le réflexe de mentir siège dans les instincts de survie, mentir pour survivre. La déformation arrive ensuite lorsque les émotions nous feront mentir en toutes circonstances et même à notre insu, parce qu'elles vont "considérer" (pas elles directement mais les programmes) que tout instant de relation présente un péril pour la vie. Dans notre cerveau qui connaît l'inflation (au moment de notre évolution de l'animal à l'humain) mentale et charnelle, tout instant est instant de relation puisque notre "système à penser" se développe sur le mode conversationnel en soi-même, penser, c'est être deux, du-moins au premier temps, puis bien plus ensuite.

     

     Donc le danger est intérieur.

     

    Oui, multiplication des masques intérieurs, confusion identitaire, mental qui semble fonctionner sans notre participation volontaire ou avec parfois. Le second piège consiste à considérer que ce qui se pense en nous, c'est bien un "soi" identifié qui le pense.

    Il ne nous paraît pas intéressant de se pencher sur la question, pourquoi ?

    Parce que nous nous trouvons chaque fois devant le trouble que produisent les masques en nous. Se trouver devant un masque, même dans un bal masqué, c'est inquiétant, mais lorsque c'est dans notre crâne que le masque se présente, et qu'un autre, nouveau, apparaît lorsqu'on veut bien faire tomber le premier, c'est encore plus inquiétant.

     

    Le masque, quel rôle joue-t-il dans le processus émotion/hormone ?

     

    Le masque accompagne l'expression de l'hormone. Chaque émotion est vue comme une émanation de soi-même, alors qu'elle est l'expression d'un masque. Le masque est une pseudo identité de nous-mêmes dans un moment, ensuite il ou elle (selon que l'on parle du masque ou de l'émotion) laisse sa place à un autre masque, une autre émotion et une autre impression de notre identité.

    Le fait est qu'il ne peut y avoir d'identité par le mental, notre identité est physique et seulement physique, mais nous ne voulons pas que ce ne soit qu'ainsi. Ce qui nous importe le plus c'est de rendre pour vrai notre projection mentale instable. Pour ne pas voir l'évidence de son instabilité, nous commençons à mentir, car nous ne pouvons accepter que notre moi soit quelque chose d'instable et d'indéfinissable.

    Un animal nous reconnaît à nos émanations physiques, ce sont ces émanations qui sont nos papiers d'identité pour tout animal. Lorsque nous changeons d'humeur, lorsque des idées de toutes sortes traversent notre tête, il fait la différence entre une intention présente, de l'instant, et ne remet pas en questions ce que ses sens lui renseignent de notre identité.

     

    Nos émanations physiques sont changeantes mais l'animal perçoit celles de l'instant, c'est ça ? L'instant étant ce qui est vrai.

     

    Non, nos émanations physiques sont stables. Ton chien te reconnaît aussi bien lorsque tu es paisible que lorsque tu as peur. Il sait reconnaître, à l'aide de certains stimulus, si tu es paisible ou si tu as peur, mais toi, en tant qu'être, tu n'es pas confondu avec ces signaux car, s'ils passent bien au travers du corps, ils émanent de ton esprit.

     

    Mais quel lien avec le mensonge, puisque l'homme n'est pas en capacité (ou presque pas) de percevoir les émanations physiques ?

     

     C'est un exemple qui montre la façon (et les raisons) dont l'esprit déforme la réalité des choses, à commencer, par son système de penser, par s'éloigner des évidences pour faire en sorte que des chimères prennent leurs places.

    Et la raison profonde de cette déformation du système est l’apparition de certains ressentiments ou sentiments, on peut affiner l'expression qui convient le mieux. Le premier de ces ressentiments, produit par un programme installé en raison du développement du "système" et donc pris en charge par les hormones, est le "sentiment de responsabilité". Nous verrons sans doute plus tard comment il fut plus facile d'utiliser les masques plutôt que d'affronter ces "nouveaux programmes" qui ont contribué, à la première place, à l'édification de notre espèce du point de vue mental. Toutes les morales sont bâties sur ces processus hormonaux.

     

    Le sentiment de responsabilité est un ressentiment ? C'est cela que tu dis ?

     

    (Sourire), je dis que je pourrais utiliser plusieurs termes sans savoir lequel convient le mieux. C'est un sentiment quand c'est de l'instinct, et c'est un ressentiment lorsqu'on se sent mal à l'aise avec la responsabilité, ou parce que l'on ne veut pas être tenu responsable, ou parce l'on ne veut pas se sentir soi-même responsable. Un tiers des mensonges fabriqués dans « l 'usine mentale » a pour origine une forme de malaise avec la question de la responsabilité. Il est clair, par exemple, que nous détruisons la planète en raison de quelque chose qui cloche avec ce sentiment ou ressentiment dont je parle.


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  • Tu disais :  « Lorsque tu parviens à enrayer ce processus émotionnel prioritaire, d'autres processus - plus secondaires- se présentent comme des candidats... ». Donc tu es parvenu à enrayer, par exemple la jalousie, et voilà qu'un autre processus émotionnel se présente.

     

    Le ressentiment tel que la jalousie, mais c'est vrai pour tous les autres, est un reflet. Je veux dire que ce que l'on peut en comprendre à ce stade est un reflet sur le miroir des émotions. Pour que ce ressentiment se montre au niveau de l'émotion, il doit y avoir un cheminement de la pensée. On peut appeler ce cheminement par plusieurs noms : une représentation, une compréhension, une routine, un conditionnement, etc., mais il y a ce cheminement, et il se fait de lui-même, pour cette raison, il est difficile de le voir clairement.

     

    C'est un cheminement mental ?

     

    Oui, puisque c'est une pensée automatique.

    Si l'on pouvait écrire sur un papier tous les termes du cheminement, sur ce papier, il y aurait des mots composant des phrases comme par exemple :  il ou elle me trahit, ou finalement je ne suis peut-être pas assez convenable pour elle, ou c'est comme d'habitude, je suis une victime, etc. Évidement là je fais simple, le discours est souvent plus fourni et plus complexe, mais en résumé, c'est ainsi que cela se passe. Comme nous vivons ce discours comme allant de soi ou émanant d'une région la plus intime et la plus vraie en nous, comme une juste émanation de ce que nous nous figurons être, nous ne lui prêtons qu'une attention bénigne. Pourtant, ce discours, dans toute sa complexité compose ce que j'appelle un programme, c'est ce programme ou "complexe" qui lance le processus hormonal. Ce programme est assimilé à une émotion, un ressenti naturel, que nous ne voulons pas remettre en question.

     

    Mais ces pensées ne sont pas inaudibles, l'esprit peut les voir défiler, et même les stopper.

     

    L'intellect les voit de loin et ne s'en approche pas, s'il s'en approchait d'assez près, il verrait qu'il a le pouvoir d'en changer les termes, et même l'ensemble.

     

     Pourquoi "nous ne voudrions pas" remettre en cause ce qui apporte de la souffrance inévitablement ?

     

    Parce que toute souffrance nous est représentative et plus. Nous nous identifions à nos souffrances et nous nous revendiquons par elles, puisqu'elles sont d'après ce que nous croyons, l'expression de notre sensibilité ou de notre état. La souffrance n'est pas autant qu'on le pense régulièrement ce qui nous perturbe. Un trop de souffrances peut nous perturber un temps, mais le fonctionnement de notre psychisme finira par l'intégrer, un homme qui a perdu ses bras ou ses jambes finira par se comprendre et s’amalgamer à cette nouvelle condition. Ainsi, lorsque nous voyons un homme sans bras, ou sans jambe, nous pensons et le nommons en fonction de cette apparence, et cela même si nous nous efforçons de ne pas le faire directement par délicatesse, en notre esprit, il se pense : le cul-de-jatte ou le manchot.

     

    "La souffrance n'est pas autant qu'on le pense régulièrement ce qui nous perturbe", alors qu'est-ce qui est plus perturbant que la souffrance ?

     

    Ne pas ressentir suffisamment nous perturbe bien plus. Tant que nous sommes capables d'éprouver, c'est que nous sommes en vie et surtout de qualité.

     

    Ressentir de la peine, de la joie ?

     

     Oui, le plaisir est ce que nous assimilons à notre autre jambe. L'être vivant est considéré comme tel parce qu'il peut ressentir, et mieux il ressent, plus il est vivant, or, les deux jambes de notre représentation de l'être vivant et surtout de l'humain - car n'oublions pas qu'il n'y a pas si longtemps, le nouveau né ou l'animal était présumé ne pas souffrir ni éprouver de la joie- les deux jambes donc sont le plaisir et la souffrance, mais dans la vérité des faits ces deux jambes n'en sont qu'une.

    Voila pourquoi la relation entre notre esprit et la souffrance est basée sur un ensemble de malentendus, dont le premier est celui-ci : nous recherchons la souffrance autant que le plaisir. Et lorsque nous pensons être dans une phase de plaisir, nous attendons impatiemment que ce que nous appelons la souffrance apparaisse, pourquoi ?

    Tout simplement parce que si le plaisir demeure, le plaisir meurt et laisse place à l'ennui, et si la souffrance demeure, elle finit par mourir à son tour pour laisser place à l'ennui. Et l'ennui, voila ce que nous désirons le moins. Le mensonge est un plaisir, la vérité est un ennui.

     

    Donc le premier piège est l'attachement au processus émotion/hormone par peur de s'ennuyer ? Tout plutôt que l'ennui... mais qu'est-ce que l'ennui ?

     

    L'ennui est un empêchement, une privation, un empêchement d'être, une négation de soi et des envies, de ses besoins, de son sens, etc.

     

    Mais tout cela n'est qu'une mauvaise compréhension de "l'être", de la "vie". Quel plaisir dans ce mensonge ?

     

    (Rire), c'est l'humanité.

     


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  • « Déplacer la conscience nécessite de l’énergie et cette énergie utilisée lors des déplacements est puisée directement dans les hormones qui sont elles-mêmes produites à partir des émotions. », ce sont tes mots.

     

    Oui mais, la question de la relation entre hormone et émotion est un peu plus complexe. Une émotion est une cause de production d'hormone mais une hormone est aussi cause de production d'une émotion, seulement ce ne sont pas les mêmes parce que certaines émotions naissent à partir de créations mentales et d'autres naissent à partir de créations physiques, autrement dit de réflexes.

    Le cerveau reptilien est indépendant de nos créations mentales, comme tu le sais. A la base, c'est lui qui préside à la production des hormones, puis des émotions relatives à ces hormones, et ce, sans participation consciente.

    Je fais une distinction entre ce que je nomme : émotions primaires ou primales et émotions conditionnées ou acquises, c'est cette distinction qui permet de comprendre le phénomène relationnel entre émotions/hormones ou hormones/émotions.

     

    La différence n'est-elle que pour le sens émotions/hormones ou hormones/émotions ? Cela influe-t-il sur la qualité des émotions ? Ou bien sur le moyen de pouvoir les travailler ?

     

     Oui, paradoxalement, il est plus aisé de produire un effet sur les émotions primaires mais plus inutile aussi. Alors que les émotions conditionnées sont mieux "protégées" et ce sont pourtant elles qui posent tant de problèmes.

     

    Peux-tu citer des émotions primaires et des émotions conditionnées ?

     

     La peur devant l'inconnu, le danger, etc, le réflexe du rire, les réflexes liés au sommeil, au rêve, etc, un mouvement réflexe du corps involontaire et répondant à un programme presque impossible à contrôler, les réflexes nerveux dans la fatigue, le bruit, la faim, la maladie, etc etc.

    Les émotions conditionnées, sont tout d'abord acquises par mimétisme chez le nourrisson, il s'agit de « critères » de réactions assimilés à toutes sortes de situations. Ces critères sont tout d'abord familiaux, puis sociaux par rapport au cadre scolaire, puis sociétaux, environnementaux, et culturels. Ils sont, pendant l'acquisition, assimilés à notre auto-identification personnelle et caractérielle.

     

    Comment est-il possible qu'il soit plus aisé d'agir sur les émotions primaires alors que ce sont des programmes beaucoup plus anciens ?

     

    Le mental « tient le volant », c'est lui qui a le pouvoir des décisions finales. De la même manière qu'un dépressif parvient à un état où la peur de mourir n'existe plus et il se jette du haut d'un immeuble, un soldat bien conditionné sera poussé à faire des choses « insensées » au mépris de sa propre vie en raison de notions diverses telles que le patriotisme, la fraternité ou l'honneur.

     

    D'accord, le mental agit sur les émotions primaires, mais n'est-ce-pas lui qui est à l'origine des émotions acquises par le conditionnement familial, culturel, etc. ?

     

    Tu veux dire qu'un conditionnement est une forme du mental ?

     

    Je vois le mental, qui d'un côté agit sur les émotions primaires et de l'autre génère les émotions du conditionnement, il est au centre.

     

    Oui, c'est le moteur, une éponge. L'éponge aspire l'eau qui est sur la table et lorsque tu la presses ou l'essore, elle restitue l'eau dans l'évier.

     

     Parce que le but de cet échange qui se poursuit, c'est pour répondre à : comment utiliser les hormones pour les déplacements de conscience ?

     

    Oui je vois bien où tu veux en venir, une production d'hormone est toujours relative à un état de conscience.

    Pour moi, le travail s'est présenté de cette façon, j'ai commencé à observer que nombre de mes états de conscience n'était pas en "adéquation" avec le réel. J'ai donc observé que des routines de fonctionnement (des conditionnements) des routines émotionnelles et hormonales, dont le sens ou la pertinence pouvaient être mis en doute, étaient la cause de ces états de consciences inappropriés ou inadaptés.

    Prenons un exemple : qui ne sait pas combien une émotion telle que la colère ou la jalousie fausse notre perception des événements et donc notre compréhension ?

    A partir du moment où tu constates qu'un processus émotionnel/hormonal trouble ta perception et ta compréhension du réel, tu te demandes comment faire pour enrayer ce processus.

     

    Mais là, nous avons déjà dépassé tout ça !

     

    La question n'est pas de savoir si des gens sont parvenus à enrayer ces processus mais de développer l'entièreté de la démarche, avec ses pièges, ses impasses, ou ses inconnues, pour ceux qui seraient tentés de l'expérimenter, non ?

     

    - Tu as raison, continue !

     


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  • Nous parlions du fait de ne plus se nourrir, tu as dit que ce n'était pas un signe d'évolution.

     

    Le fait est que l'homme a cette capacité depuis toujours. Ce n'est pas parce qu'il le découvre maintenant que ce serait un signe d'évolution, puisque le moyen qui lui permettrait de ne pas y parvenir est le même que celui qui lui permet de le réaliser, un processus psychologique que je nomme la superstition ou la foi. Lorsque l'homme parviendra à ne plus se nourrir autrement que par ce processus, alors, il sera enfin délivré, lui et toute la nature.

    C'est pour cette même raison que Jésus ne veut pas qu'on dise qu'il a guéri. Les gens qui guérissent à son contact se guérissent par leur foi, cela ne représente pas pour Jésus un résultat conforme à ce qu'il en attendait. L'homme qui se guérit par sa foi, se guérit par le moyen même qui le rend malade, on n’apaise pas un esclave en le caressant avec ses chaînes.

     

    La porte est là, mais comment franchir la porte ? C'est ça ?

     

    Oui.

     

    On en revient au travail sur les hormones, sur les émotions, car si non comment franchir cette porte sans créer une autre dépendance ?

     

     Tu m'as entendu le dire de multiples façons, l'homme sans superstition, sans le besoin de croire, car croire est un besoin, est libéré s'il a accompli le chemin intérieur, c'est à dire si devenu sans peur ni doute, il est en relation avec la matrice, l'entend, la voit, et dans ce cas n'est plus une victime de ses mondes intérieurs.

     

    Un chemin intérieur qui ne crée de mondes intérieurs...

     

    Oui, le chemin qui efface les mondes déjà présents et trop nombreux.

     

    C'est inscrit dans la matrice que l'homme peut vivre sans se nourrir.

     

    Oui.

     

     Depuis tout ce temps, tant de difficultés pour se nourrir, alors que nous sommes programmés pour vivre sans !

     

     C'est le temps nécessaire à l'évolution.

     

    Comment comprendre quand Jésus dit : « Prenez ceci est mon corps », et qu'il invite ses disciples à manger... Leur propose-t-il la nourriture lumière ?

     

    Son corps est tout esprit, il ne leur propose donc pas de manger sa chair mais de manger son esprit, et manger de l'esprit est se transformer en esprit, on devient ce que l'on mange, « Mangez moi, et vous deviendrez esprit, et vous verrez, et vous entendrez ! ».

    Être connecté à la matrice, c'est cela le saint esprit.

    La chair, l'esprit, et la matrice, c'est cela la trinité.

     

    Mais le processus de la foi s'est aussi engouffré-là. Le saint-esprit, nombreux sont ceux qui y croient.

     

    Le processus de la foi est un complexe psychologique. Il est fabriqué de toutes pièces par les hormones, et il est lié aux instincts de survie, tel que l'humain les a fait chair en lui. Mais il (le processus) est le fils de la peur, de ce qui menace de venir.

     

    Le mental au service de la peur, alors que le mental peut participer à ne plus être dans cette peur, je dis bien participer...

     

    Avant le mental il y a la chair, c'est la chair qui a peur, puis le mental s'en empare, parce que c'est son rôle, c'est pourquoi l'esprit doit triompher de la chair.

     

    Triompher ?

     

    Triompher de la chair, c'est vivre sans manger par exemple, mais c'est contenu dans la cène, c'est ce que ce moment du repas avec les apôtres clame tout haut.

     

    L'esprit existe-t-il au-delà de la chair ?

     

    (Rire), c'est l'esprit qui fait la chair, car l'esprit est le chant de la matrice.

     

    Créer une chose, pour en triompher ?

     

    Tu mélanges, ce n'est pas la matrice qui doit triompher, c'est l'esprit « mis » dans un corps qui est chair et instinct. Le triomphe est le mariage, l'union, il n'y a pas d'autre victoire que l'union.

     

    Oui, c'est ce que j'avais compris, c'est l'esprit qui doit triompher de la chair.

     

    Mais ne te bute pas sur ce terme « triompher », il n'y a pas de bataille. S'il n'y a pas d'union, il n'y a rien, le triomphe est là, faire de ce rien quelque chose.

     

    « Rien », c'est à dire que tout retourne aux oubliettes ?

     

    Tout est remis à la transformation.

     


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  • Tu semblais « tiquer » sur le silence comme condition de voir, qu’en est-il maintenant ?

     

    En moi, plusieurs choses semblent se superposer que je nomme silence, comme des niveaux de définition, il faut laisser tomber cette question du silence, et poursuivre.

     

     Non, il est important de comprendre que c’est un bruit qui déplace la conscience, que le silence apporte paix et vacuité mais que la vacuité n’est pas la disponibilité à voir, elle est la disponibilité à soi. C’est ce que je dis dans ce texte :

    « Comme un insecte qui virevolte à la surface de l’eau, la vie te mène au gré du vent et non au tien. Tu te démènes, tu cherches, mais ne sachant ni quoi, ni où. Tu voudrais t’envoler tout droit vers un destin différent, comme la petite église se rêvant cathédrale, l’impasse se créant avenue.

    Comme un insecte tu planes cherchant un silence qui t’accepte, qui veuille bien t’envelopper comme le ventre de ta mère et te séparer du chaos des autres, du bruit des machines.

    Et voilà que tout à coup une absence te prend,tu ne sais plus ce qu’était l’instant d’avant, il te semble que tu cherchais quelque chose, un poisson surgit hors de l’eau et te happe, c’est lui, c’est bien le silence que tu attendais.

    Il faut parfois se pencher au-dessus du vide pour que le vide tombe en nous. »


     

    Ce n’est pas encore cela ce qui se dit en moi, c’est pourquoi, je pense qu’il faut poursuivre avec ce fil conducteur en toi, afin de pouvoir aborder la question des hormones.


     Les hormones ne sont que bruits.
     

    Je ne dis pas le contraire, j’essaie de dire qu’en moi, il y a en même temps les deux états. Le corps physique, perçu par les sens courants, parfaitement détendu et un autre « corps » traversé, animé par une intense énergie. L’esprit est calme, maintenant il l’est tout à fait. Avant il y a eu une grande bagarre entrecoupée d’écrasement de toute volonté : « Mais qu’est-ce que cela ? Folie ! » et puis être happée par cette force inconnue. Une voie s’est ouverte entre ces deux extrêmes.

     


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