•  L’espace ne passe pas par les sens qui sont les outils de la raison.
    Il ne passe que dans l’infiniment petit de nos cellules.

     


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  •  L’esprit se trompe d’action tout « simplement », il sépare là où il doit faire fusionner, c’est une anomalie.
    Mais à notre échelle nous ne pouvons pas considérer que cette anomalie soit le signe d’une dérive quelconque.
    Elle doit nécessairement être incluse dans le chemin d’évolution.

     


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  • Comprendre, c’est entasser dans la cave. Faire le ménage c’est faire le vide, jeter dehors ce que nous voyons inutile.

    Nous garderons ce à quoi nous sommes le plus attachés, ou ce qui nous est essentiel pour la survie, mais bien entendu ce sont des illusions, seul l’instant présent est essentiel.

     


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  • Travailler à l’école était chose difficile, non seulement parce qu’il ne comprenait pas à quoi cela pouvait bien servir, mais parce que, par la fenêtre, sa « mère » continuait de lui parler. Un nuage, un mouvement d’air, les branches des arbres qui murmuraient à ses oreilles, des oiseaux qui se posaient tout près du carreau, l’invitaient par leurs jeux, à venir les rejoindre. La nature s’insinuait toujours, aucune porte, aucun verrou ne pouvait lui barrer le passage. Elle venait le chercher, veillait à ce que jamais, il ne laisse s’endormir en lui le « chant » maternel. Toute la journée, il attendait l’heure où il sortirait de ces murs. Pour lui, les murs étaient toujours élevés autour de zones mortes. L’homme s’isolait, se défendait, interdisait la vérité de l’air d’envahir ses espaces. Tout espace clôt était fatalement corrompu, irrespirable. Il ne sentait pas la vie courir dans les ruelles, monter les escaliers. Il posait sa joue, sa bouche, son nez ou ses mains à la façon des amérindiens qui écoutaient le sol pour connaître la présence des troupeaux de bisons, il les posait contre les murs, les meubles, sur tous les objets faits par la main de l’homme, dans une volonté de toucher le « dedans », pénétrer la matière, et plus loin encore, l’intention qui l’habitait. Et jamais il ne rencontra la vie telle qu’il la voyait lors de ses incursions en milieu sauvage. Il avait la maturité maintenant pour s’éclipser, pour sauter par-dessus les barrières, les clôtures et de franchir les distances que bien peu d’enfants de son âge osent traverser. Il se retrouvait dans les bois, immergé dans la vie des plantes et des animaux. Là, les odeurs de la terre et des mousses, les troncs des arbres contre lesquels il se reposait et méditait. Les animaux qu’il observait durant des heures sans connaître de lassitude. Là tout était vivant, et il avait neuf ans.

     


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  •  Alors, les grandes personnes le regardaient étrangement. Celles de son foyer, celles des institutions, et celles qui traversaient occasionnellement les couloirs,  sous le toit de la maison parentale. L’enfant de sept ans murmurait des phrases incompréhensibles. Tantôt, il parlait comme pour lui-même, le menton et la bouche enfoncés dans le col de son tricot, et les sons se perdaient entre sa peau et ses vêtements. Tantôt, comme s’il surgissait d’un sommeil profond, d’un rêve, il se mettait à scander des sentences qui tombaient comme plâtre au plafond, sous des yeux ébahis et devant des gorges serrées, à la limite de l’étouffement, tant l’effet d’étonnement et d’indignation était brusque. IL s’insurgeait contre des paroles creuses et arrogantes telles que : « l’animal n’a pas d’âme te dis-je !». Et c’était tel oncle qui le disait à sa femme. Ou encore : « la terre appartient à l’homme qui est supérieur à toute autre espèce » disait son père à l’assemblée familiale. Lui, fâché, ne pouvait continuer de se taire, sa « verdoyante mère » lui avait expliqué que tout cela était faux, non seulement faux, mais dangereusement fou. Dans son petit esprit d’enfant, il lui semblait résister contre des envahisseurs. Oui, les adultes voulaient s’en prendre à sa « mère », quelle nouvelle guerre était en train de se préparer ? Sa « douce mère » lui avait murmuré pendant qu’il contemplait le soleil rouge et énorme à l’horizon : « ils vont me détruire un jour…dis leurs, je t’en prie ».

     


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