Le silence est disponibilité au vivant et donc à l’expérience.
Est-ce cela une pensée silencieuse ? Une pensée qui ne nomme pas, ne définit pas, ne juge pas, etc. est une pensée qui « voit ». Je ne crois pas qu’un objet ait une réalité fixe, absolue. Je ne peux comprendre la notion de « réalité objective », ou réalité unique et vraie. Ce n’est pas de mon expérience.
Je m’assois devant un objet, et jamais je ne le vois pareil à ce qu’il était un autre jour, un autre moment, peut-être que lui-même me voit différent, chaque instant propose un alignement de lui à moi, cet alignement dépend toujours des conditions qui sont les nôtres. Il y a toujours des conditions propres à un instant, est-ce cela un état de conscience ?
Les pensées se rajoutent par-dessus la perception dans un processus difficile à stopper, « stopper le monde » des pensées est une grande œuvre, un art.
C’est « stopper le monde » que l’on fabrique par nos automatismes pour laisser grandir dans les sensations les échos de notre « connaissance silencieuse », échos vivants et endormis qui s’alignent selon notre vacuité au spectacle de la vie.
Le vivant s’adresse au vivant qui nous habite lorsque la pensée ne lui fait pas obstacle.
« Voir » ne concerne pas les yeux et c’est justement pour cette raison que ça ne concerne pas non plus la raison, les yeux sont au service de la raison. Par l’acte de voir, ce qui est perçu se maintient dans la forme d'une émanation, les mouvements, tous les mouvements qui se font de la part et dans un organisme n’existent pas dans cette forme conceptualisée de mouvements.